Paire de brule-parfum Chinois cloisonés tripode époque 17e

Très belle paire de vases brule-parfum tripodes en bronze doré et émaux cloisonnés à panse ovoïde et à col évasé. Ils sont entièrement ornés d’émaux polychromes sur fond blanc d’entrelacs de rinceaux feuillages et de lotus épanouis ou en bouton y compris à l’intérieur du col.

Chine époque 17e siècle.

Provenance Charlotte Horstmann et Gérald Godefrey, Hong-Kong 1982

Provenance Juan-José Amezaga, Paris 2007 Cloisonnés d’exception

Provenance Mr D. Paris 2009

La technique de remplir des cloisons soudées sur un corps en métal avec du verre pilé polychrome et ensuite réchauffé est une tradition artistique vieille de 3.000 ans. On peut trouver des objets en émaux cloisonnés dans un vaste rayon temporel et géographique. Les cultures égéennes de Chypre du XIIIe - XIIe siècle avant J.C. en connaissaient déjà l’usage, ainsi l’artisanat celte du Ve - IIe siècle avant J.C. en créa un grand nombre. L’âge d’or des émaux cloisonnés s'établit au Moyen Âge, notamment à Byzance ou à Limoges. En Chine, en revanche, les émaux cloisonnés ne se développèrent réellement qu’à partir du début de l’époque Ming (1368-1644). Sous les Royaumes Combattants (Ve - IIIe avant J.C) et les Han (IIe avant JC. – IIe apr. J.C.), on peut trouver des objets en bronze incrusté de pierres dures, notamment de turquoises et coraux, ainsi que d’or et d’argent, ou alors en émaux champlevés ; mais le vrai développement des objets précieux en émaux cloisonnés commença au XVe siècle sous Xuande (1426-1434). Jusque là, des émaux cloisonnés ont été importés de l’Europe ou du Moyen Orient. Les décors représentent presque toujours des fleurs et feuillages, des chimères et rarement des personnages. Les premières pièces sont soudées à l’argent, puis dès le XVIIe, on utilise du plomb, zinc, étain ou laque pour la soudure des cloisons. Ces cloisons évitent que l’émail de différentes couleurs se mélange, il constitue la trame du décor. La palette des émaux n’excède rarement que cinq couleurs pour les pièces du XVe et XVIe. A partir du XVIIIe siècle, on commence à utiliser du rose et des couleurs pastelles. L’objet est, ensuite, cuit autour de 700 / 800°C afin de faire fondre le verre et former un corps entier avec le bronze et les cloisons. Ensuite  il est poli pour enlever les impuretés de surface puis les cloisons en bronze sont dorées au mercure. On peut trouver des objets auxquels on a rajouté plus tard des anses ou des pieds en bronze doré afin d’embellir ou d’adapter l’objet à un usage particulier. Ces objets étaient destinés à des fins décoratives, surtout dans les temples bouddhiques ou taoïstes où on gardait une grande quantité d’objets en émaux cloisonnés. On trouve souvent des formes typiques à l’usage des temples, brûle-parfums, vases rituels ou autres pièces inspirées des formes archaïques. Ces pièces furent dans un premier temps appréciées par un petit nombre de personnes, surtout par les lettrés et des personnes de la haute société ainsi qu’à la cour impériale.

Même si on trouve les cloisonnés les plus somptueux et d’une qualité extraordinaire à la première moitié du XVe siècle, ce n’est qu’à partir du XVIIe siècle que la cour impériale en commandait un grand nombre de pièces pour décorer les différentes chambres et salons de la cité interdite ainsi que du Palais d’été et aux autres cités de résidences secondaires.

     
Hauteur23.5 cm

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Ref.  2342
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